Cinco Dibujos

Ernesto Ballesteros

7 septembre >2 novembre 2013

Combien de lignes utilise Albrecht Dürer pour dessiner son fameux lièvre ?

travaille pour répondre à différentes questions : Peut-on réduire la circonférence de la Terre à un espace d’art ? Combien y a-t-il d’étoiles dans un morceau de ciel déterminé ? Que voit-on autour d’une source de lumière occultée? Combien y-a-t-il de coups de pinceaux dans certaines peintures ? Ou de traits dans certains dessins ?

Depuis 2006, Ballesteros élabore des dessins marathon. Le temps de réalisation de ces oeuvres varie selon le nombre de personnes qui y travaillent mais deux mois sont au minimum nécessaires pour les achever. Le sujet principal est de définir la façon dont les lignes seront réalisées, ce qu’elles représenteront sera le résultat de milliers de traits. L’acte de dessiner est plus important que la représentation elle-même. Réalisés avec l’aide de plusieurs assistants, ces dessins s’enrichissent des différentes énergies de chacun.

Une des caractéristiques prédominantes est la pression du crayon sur la surface. Ce seul élément est déterminant. Dans certaines oeuvres, la couleur semble avoir été saupoudrée, dans d’autres, le crayon semble vouloir déchirer le papier. Dans certaines oeuvres, la couleur est uniforme, dans d’autres en revanche la chorégraphie de la réalisation se perçoit.

Cette incalculable quantité de lignes, nécessaire pour obtenir la saturation, disparaît-elle dans l’uniformité de la couleur?

Pour approcher la réponse Ernesto Ballesteros a calculé que la vitesse moyenne de réalisation des traits est de 1,6 kilomètres/heure. Le temps de réalisation de chaque oeuvre est également mesuré. Quand l’oeuvre est achevée, en multipliant le temps passé par la vitesse de réalisation, Ballesteros obtient la longueur des lignes en km. L’artiste partage cette information avec le spectateur puisque c’est ce chiffre qu’il choisit comme titre de dessins.

Pour démontrer que son intérêt va au-delà de la couleur abstraite ou de ce qu’elle peut représenter, Ballesteros fait cohabiter des dessins abstraits avec des paysages brumeux purement classiques, mais tous ont pour titre le strict décompte de la quantité de lignes utilisée pour leur réalisation.

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