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Bendana| Pinel Art Contemporain a le plaisir de présenter «The Unreality of Reality. The Reality of the Unreal», la deuxième exposition personnelle de Niccolò Montesi à la galerie.
La photographie de Niccolò Montesi s’inscrit dans une tradition de recherche qui envisage l’image comme un moyen d’interroger et de transformer le regard. Dans sa pratique, elle devient un processus d’abstraction et de concentration visuelle qui questionne la relation entre réalité, perception et imagination. Les séries PANTELLERIA PAESE et TRESIGALLO développent deux dimensions complémentaires de ses recherches. Ces deux lieux, éloignés géographiquement, historiquement et par leur forme urbaine, sont pourtant reliés par une même approche : celle de considérer la réalité non seulement comme un espace physique, mais aussi comme une surface de projection symbolique et mentale.
À Pantelleria, Montesi s'intéresse à une architecture profondément marquée par le temps et l'usage quotidien. Les murs, les surfaces et les textures chromatiques deviennent les véritables sujets des images. La lumière, rasante et irrégulière, souligne leur matérialité, révélant les imperfections, les fissures et les traces d'une expérience vécue. À travers des compositions fragmentées et en gros plan, souvent dépourvues de références spatiales reconnaissables, Montesi isole des portions de réalité et les transforme en champs visuels autonomes. Dans cette démarche, une proximité se dessine avec les recherches matérielles d'Alberto Burri et les abstractions lyriques de Nicolas de Staël. Pantelleria apparaît alors comme une île plus ressentie que vue, où la réalité ne se laisse saisir qu’après un lent processus de contemplation, montrant toute la richesse immatérielle qui la traverse.
Concernant le travail sur Tresigallo, une direction différente mais spéculaire se développe. Ici, Montesi s’intéresse à l’architecture rationaliste dans un espace urbain conçu selon des principes d’ordre, de symétrie et de contrôle formel. De manière similaire, les images sont construites à partir de géométries essentielles, d'horizons mesurés et d'une utilisation rigoureuse de la lumière, qui définit les volumes et les surfaces avec une précision presque analytique. Aussi, Montesi s’attache à montrer la dimension mystérieuse de cette architecture. Tresigallo apparaît ainsi comme une ville suspendue et silencieuse, imprégnée d’un sentiment d’immobilité temporelle. Ce caractère fait écho à la peinture métaphysique, en particulier celle de Giorgio de Chirico et de Carlo Carrà, où l’architecture devient un lieu symbolique dépourvu de présence humaine.
Niccolò Montesi observe le réel tout en le transformant, révélant les dimensions sensibles et symboliques du paysage et de l’espace urbain. Dans son œuvre, l’irréel n’est pas un déni de la réalité, mais l’une de ses extensions possibles. La photographie devient ainsi un outil pour saisir la complexité et l’ambiguïté de la réalité, ouvrant un espace de réflexion qui dépasse la simple représentation.